Il fait moche de chez moche en ce moment : l’automne, boueux et gris est bel et bien arrivé. Je ne vous fais pas de dessin ni de photo. A la place je vous propose un carnet de voyage que je voulais publier depuis des mois, en fait depuis le printemps dernier. Un peu de soleil nous fera du bien, pas vrai ?

Ou partir au soleil depuis Vancouver ? A Hawaï, en Californie ou au Mexique. Ici ces destinations sont très abordables par vol direct. En avril j‘ai étalé une serviette au bord de la piscine, mis de la crème solaire, lu des cartes, visité des vieilles pierres, pris des bateaux et reçu un shot de chaleur… Au Mexique ! Et plus précisément entre le Yucatán et Quintana Roo (Riviera Maya).

Atterrissage à Cancún, Mecque du tourisme de Masse au Yucatán.

Notre hôtel nous attendait à Playa del Carmen, blanc immaculé, ses pierres chauffées par un soleil amenant 30°C au quotidien. Rien de prétentieux, pas réellement une hacienda, ni un resort. Pas l’usine, mais pas minuscule. Des chambres mignonnettes avec des murs en pierres blanches, des bananiers dans la court intérieure, des mosaïques dans la salle de bain, un petit déj’ tout frais et une piscine avec un petit bar trop mimi. Ça nous a changé du bois, du gris et de la moquette. On a sorti les orteils et les gambettes !

La chaleur. Le repos. L’accueil bienveillant.

Au niveau linguistique, le plaisir de rouler des R me revient. Les premiers jours je construis les phrases en espagnol dans ma tête avant de les exprimer, puis ça devient de plus en plus naturel. Je ne suis pas si rouillée au final. Je crois que les langues latines me manquaient en fait. L’expressivité, la chaleur rugueuse et la convivialité de l’espagnol me revient peu à peu ¡ Me gusta !

Visuellement, les couleurs éclatent de partout. Elles m’apportent autant de joie que cette langue et ces voix. Elles sont pétantes de fierté, ou blanches immaculées de tranquillité.

L’impression d’être en permanence dans l’œil d’un appareil photo argentique.

Carnet de bord du Yucatán

Nous essayons de découvrir la région, tantôt en tour organisé, tantôt en transports en communs. Ce n’est pas facile car on hésite : tout est trèèèès touristique alors il vaut mieux se lever tôt, mais les sites ne sont pas toujours accessibles facilement. Dilemme. Vite effacé par la beauté des ruines mayas, des plages et des cenotes, petits paradis bleutés dans le bush mexicain.

Je vous avoue que La Riviera Maya de Cancún à Tulum est une terre de tourisme qui ne m’a pas laissée indifférente : hôtels grandiloquents aux façades de la taille du parvis de l’opéra de Paris, ruines mayas nichées sur des rochers dominant des plages de sable blanc, parcs d’attractions géants, et petites piscines naturelles dans la jungle. Je passe de l’émerveillement à l’agacement en 2 temps 3 mouvements et inversement. La région regorge de petits trésors et il est compréhensible que le tourisme se soit développé à ce point. Je croyais naïvement qu’en dehors de Cancún et Playa del Carmen, les deux villes-stations-balnéaires, tout serait, ou presque, terra incognita. Parfois je prends mes rêves pour des réalités.

Carnet de bord, jour 1 : Isla Mujeres 

Isla Mujeres (une île comme son nom l’indique), proche de Cancún ne fait que 8km de long et 2km de large, alors nous avons fait chauffer les mollets et loué des vélos pour la journée. Une petite route, de l’eau turquoise autour de nous, une ribambelle de petits hôtels, un côté déchiqueté par les rochers, et un village blanc au moults boutiques de souvenirs et restaurants. Et voilà isla Mujeres. Ah oui et il y a une plage de sable blanc tout au nord pour nous rafraîchir après l’effort. Ma première plage des Caraïbes. Eau turquoise et sable plus blanc que blanc. La réalité est plus belle que la carte postale… Excepté que le village autour est très fréquenté. Pour un premier jour c’était très agréable de se balader sur cette île. Mais si vous avez un choix à faire durant votre voyage au Mexique, je la mettrais de côté car elle n’est pas si intéressante que ça lorsque l’on découvre le reste de la péninsule.

Carnet de bord, jours 2 et 3: cenotes, colectivos et un peu de Tulum

On se relaxe une journée puis nous décidons d’aller explorer les cenotes sur la route entre Playa del Carmen et Tulum. Mais surtout nous testons les colectivos. Ce sont les fameux transports en communs locaux. Les colectivos sont géniaux si on n’a pas de voiture ! Ces mini-vans vont de ville en ville via les grands axes routiers, et s’arrêtent en bord de route dès qu’on leu fait signe de la main. Ils ont environ 2 ou 3 arrêts dans chaque grande ville ; centre-ville, centre touristique et/ou plage. Entre Cancún, Playa del Carmen et Tulum on peut les prendre et s’arrêter un peu n’importe où. Oui, car il n’y a pas d’arrêts définis entre ces trois villes et tant que l’on indique au chauffeur où l’on va, il nous dépose. C’est parfait. Dedans on y croise des voyageurs en tenue routarde ou en mini short de plage, des mexicains qui vont au travail, à l’école, etc. … Ces mini bus accueillent un mélange de toutes les populations locales et touristiques existantes sur la péninsule. Le chauffeur a une mémoire d’enfer et se souvient de la destination de chacun des passagers. C’est top !

Nous avons utilisé les colectivos pour aller nous baigner dans les cenotes, qui se trouvent toujours en pleine  nature. Un cenote est un petit paradis dans la jungle : une piscine naturelle d’eau mi-salée, mi-douce, entourée de verdure, de rochers, avec un tas de petits poissons qui viennent nous pédicurer les pieds. Le Yucatán regorge de rivières souterraines. Elles forment un réseau de grottes remplies d’eau. Lorsque l’une d’entre elle a une ouverture à la surface de la terre cela donne une petite piscine naturelle. Aux cenotes nous croisons des plongeurs venus explorer les cavités et des touristes comme nous venus se baigner. Pour les plus populaires il vaut mieux arriver tôt le matin. Cenote Cristalino est notre première expérience en la matière. Nous le découvrons à son ouverture pour notre 3ème jour au Mexique. Et même s’il est touristique c’est certainement devenu notre préféré.

Carnet de bord, jour 4 : Chichen Itza et Valladolid, un peu d’histoire

Pour la suite de notre séjour nous décidons d’aller au centre de la péninsule. Après avoir (un peu trop) comparé les tours et agences nous avons pris un tour quelconque touristique pour aller découvrir l’une des merveilles du monde : Chichen Itza. Arrivés en fin de matinée sur le site nous nous échappons du groupe trop lent et trop pesant pour nous. On se balade entre les vestiges mayas et on s’amuse à prendre des photos avec différentes perspectives.

Les mayas s’avéraient être un peuple étonnant : ils étaient des bâtisseurs, des ingénieurs qui vendaient leurs savoirs faire en échange de nourriture et autres produits. Ils ne cultivaient pas et cela se voit : lorsque l’on traverse le Yucatán on ne n’aperçoit que du bush en dehors des villes. Certes, la côte est parsemée de ports de pêches (souvent transformés en stations balnéaires) mais il n’y a rien sur la terre ferme. Les constructions mayas ont plus ou moins bien résisté face à l’invasion espagnole. Mais l’esprit du peuple très peu. On ne sait plus trop à quoi servaient les bâtiments que l’on visite. Il y a beaucoup de suppositions et d’approximations. Le peuple maya lui-même est actuellement une minorité très pauvre et ne survit presque que grâce aux souvenirs artisanaux fabriqués pour le tourisme. Chichen Itza est un site très intéressant et agréable à visiter en prenant des petits chemins à l’ombre des arbres. Cependant les foules et les vendeurs à la sauvette viennent un peu gâcher la fête. Je vous conseille de venir à son ouverture à 8h30 si vous le pouvez pour profiter du calme. Il faut aussi tenir compte du décalage horaire entre la Riviera Maya et le centre de la péninsule (1h). Il existe depuis 2015 et peut être perturbant au début. 

Valladolid est ensuite notre étape pour le repas de midi. Ce village est très mignon mais excepté être un un bon lieu pour déguster des spécialités locales il ne m’a pas semblé qu’il y ait grand chose à visiter. Le côté mignon de la chose a été aussi quelques peu détruit par le fait que ce village ait été construit sur et avec les pierres d’un site maya important. Une balade dans les rues colorées nous fait cependant du bien et nous découvrons aussi un cenote dans le village, qui a été préservé des constructions.

Carnet de bord : jour 5 ,6 et 7, du repos, Cozumel, des ruines mayas et un parc d’attraction

Après un jour de repos on décide de partir en fin de matinée pour Isla Cozumel. On réserve une séance de snorkelling et un scooter pour se balader sur l’île juste avant de monter sur le bateau. Partis un peu trop tard on n’ira malheureusement pas faire du scooter. Le snorkelling se passe bien avec un groupe et un guide super sympas. Nous croisons des poissons multicolores dans une mer sans trop de coraux, mais avec des ruines et objets anciens sous l’eau pour un décor d’aventurier rêvé ! Aucune photo car je ne suis pas équipée pour mais nous passons un très bon moment (j’ai cependant préféré l’expérience snorkelling de la Thaïlande car c’était plus coloré). Le village du port de Cozumel ressemble à Playa del Carmen comme deux gouttes d’eau. Je ne lui trouve pas de charme particulier. C’est très touristique et ça gâche un peu l’arrivée sur l’île. Je regrette vraiment de ne pas avoir pu me balader plus loin. Je ne sais pas ce qu’elle a à offrir mais je crois que nous avons vu juste la facette touristique.

Le jour suivant nous partons pour Cobá. C’est un autre site maya avec pas moins de 17km de pistes cyclables dans le bush ! Là aussi il y a du monde, mais heureusement aucun vendeur à la sauvette, et des vélos ce qui facilite notre visite. Comme tous les sites il vaut mieux venir tôt pour visiter Cobá et pédaler le plus loin possible. Les 2 premiers kilomètres sont les plus fréquentés. J’ai adoré Cobá et je le recommande chaudement pour toux ceux qui organisent un voyage au Mexique. C’est un site facile et agréable à visiter.

Puis nous avons testé l’un des fameux parcs d’attraction de la Riviera Maya : Xel-Há. Il s’agit d’un parc aquatique où l’on nous prête une crème solaire écolo en arrivant, pour ne pas abîmer la lagune sur laquelle il a été implanté. Toutes les constructions sont légères et en bois local. Il n’y a pas de toboggan ou autre installation super big en plastique. Les aménagements sont organisés autour d’un environnement non déformé. Le matériel prêté est bien récupéré à la fin : masques et tubas, bouées pour les petits … Honnêtement j’y suis allée avec mes préjugés sur le tourisme de parc à thème et j’ai été agréablement surprise. Pas de proposition de nourriture/objets/souvenirs se transformant en déchet (pailles, boissons, coupons plastifiés, peluches inutiles, …), donc pas ou peu de déchets. Il y a quelques restaurants types cantina où l’on mange et on se sert sur un buffet avec des couverts classiques (pas de plastique). C’est agréable pour se baigner le temps d’une journée, jouer sur un pont de signe, faire un parcours type accro-branche, sauter d’une mini falaise dans l’eau turquoise, et se reposer dans un hamac fait localement. Je n’y serai pas allée si mon copain ne m’y avait pas poussé mais je ne regrette pas.

Carnet de bord : jour 8, Tulum et ses ruines

Je fantasmais Tulum. Je ne sais pas pourquoi. C’est un spot touristique bien hispter avec yoga, vélos, adresses végés et tutti quanti. La ville a une organisation bizarre et je suis contente que l’on ait pris un bus colectivo (nous avons cessé la folie des tours organisés) qui nous propose 3 arrêts : ville, plage et ruines mayas. Nous sommes allés directement dans le coin des ruines. Le temps de prendre les billets et il y avait déjà la foule. Ce site maya est en plein soleil au bord de rochers escarpés donnant sur la mer des Caraïbes. C’est splendide mais aussi un peu oppressant car plus petit, donc nous sommes dans une foule plus compacte, et au bord de petites falaises. Nous avons pris 2h pour visiter le site et sommes allés nous rafraîchir en ville sur une terrasse ombragée. Jus de pastèque et tacos avec guacamole en pagaille au menu.. Tulum regorge de bonnes adresses. Nous, nous avons essayé Charlie’s qui est un super resto !

Puis, comme il nous restait 2 jours, nous avons sorti nos guides, réfléchi et décidé de partir pour lîle de Holbox en l’espace de 30min. Il nous restait 2 jours. Nous devions prendre l’avion à Cancún au nord de la péninsule, et Holbox s’y trouve aussi. C’était la seule île à propos de laquelle j’avais entendu tant de bien, et pour laquelle il n’y avait jamais de tour organisé. Je me suis dit que ce devait être bien plus calme. Nous avons comparé les les moyens de transports possibles, puis réservé un colectivo pour la soir-même ! La suite des aventure à Holbox est dans un nouvel article de blog, car ce fut un énorme coup de cœur. Cette île mérite bien un article à elle toute seule 🙂

Infos pratiques & bonnes adresses

Voyager au Yucatán : nous avons décide de rayonner depuis Playa del Carmen afin de découvrir la péninsule. Nous voulions nous reposer et ne pas être toujours sur la route, d’autant que nous n’avons pas loué de voiture. Mais le tour de la péninsule se fait très bien : Cancún, Playa del Carmen, Tulum, Bacalar, Campeche, Merida, Cancún (dans les 2 sens). Il y a environ 3h de route entre Playa del Carmen et Mérida d’un bout à l’autre de la péninsule. Ce n’est pas très large.

Préparer son voyage au Yucatán : avant de partir nous avons acheté un Lonely Planet. Je l’ai trouvé efficace pour les grands sites, mais pas pour les transports en communs et un peu léger à propos du tourisme de masse. Niveau blogs j’ai adoré les idées et retours du blog des BestJobers et de Un sac sur le dos. Je les recommande chaudement.

Une adresse sympa : le HM hotel à Playa del Carmen.

Quelques conseils :

Se lever tôt pour visiter les sites mayas.
♥ Emprunter les colectivos si on n’a pas de voiture et éviter les tours organisés…
♥ Louer des vélos : en ville, sur les sites mayas. Il y a du choix ! Et c’est vraiment un bon moyen de se balader.
♥ Partir se relaxer à Holbox !!!!

Perrine

Voyageuse un peu aventureuse, je suis partie de mes Alpes françaises natales pour découvrir le monde et ses curiosités. Ici je partage mes expériences, mes voyages, mes découvertes, mes pensées en PVT.

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