Le weekend dernier c’était Thanksgiving, l’une de mes fêtes préférées du Canada. Qu’est ce que Thanksgiving, soit le jour de l’Action de Grâce ici?

Thanksgiving c’est la célébration de la fin des moissons. Et l’occasion d’exprimer sa gratitude envers ses proches et plus largement tout ce qui a été positif dans l’année avant d’affronter l’hiver.

Souvent les canadiens font un bon repas en famille ou entre amis. Ils mangent une dinde avec les premières pumkpins (courges) de l’automne, et des patates douces ou autres légumes cuits/caramélisés au four. Puis viennent en dessert la pumpkin pie (tarte à la courge) et la pecan pie (tarte à la noix de pécan).

Mon premier Thanksgiving canadien s’est passé à Tofino en 2016. Je n’ai rien fêté. C’était juste un weekend de découvertes entre amis.

L’année dernière j’ai fêté Thanksgiving pour la première fois avec mes 9 colocataires. Oui, je vivais dans graaaaaaande une maison 🙂 Nous avons toutes cuisiné et invité des amis pour un bon dîner. Je crois qu’on devait être 20 autour de la table. On célébrait la fin d’un été agréable et convivial entre nous. Il y a eu quelques histoires de filles mais rien de méchant et on ne pouvait qu’être de bonne humeur autour de la table devant le vin et la dinde. J’ai goûté la pumkpin pie pour la première fois et j’ai détesté. En fait ça a un goût bizarre car c’est de la purée de courge avec des épices et de la cannelle sur une pâte à tarte. Ceci-dit elle avait de la purée de courge industrielle alors peut-être que ça ne compte pas….

Thanksgiving 2018 : des amis et une tarte chocolat-pécan

Cette année j’ai été invitée à dîner chez des amies et j’ai fait des crêpes le lendemain pour ceux qui voulaient passer à la maison. Et j’ai testé la réalisation de la tarte chocolat-pécan que j’ai tambouillé à partir de différente recettes. Parce que le souci avec la pâtisserie nord-américaine c’est que c’est toujours hyper sucré et hyper crémeux. Il faut modérer le tout. Voici ma recette :

Pâte brisée :

  • Si vous ne l’achetez pas, faites votre pâte brisée en mélangeant et malaxant 200g de farine, 100g de beurre avec une pincée de sel et de l’eau.

Garniture :

  • 80g de sirop d’érable (on peut remplacer ça par du miel ou faire un combi 50g de sirop + une cuillère à soupe de miel)
  • 50g de poudre d’amande
  • 200g de chocolat pâtissier (ici ce sont des chocolate chips)
  • 50g de beurre
  • 3 œufs entiers
  • Une grosse poignée de noix de pécans (plus ou moins selon comment vous aimez ces noix)

Étapes de la recette :

  1. Faites préchauffer votre four à 180 degrés Celsius.
  2. Faites votre pâte brisée si vous ne l’avez pas achetée.
  3. Cassez vos noix de pécans en petits morceaux dans un bol.
  4. Versez dans un grand bol la poudre d’amande et le sirop d’érable. Puis cassez les 3 œufs dedans et mélangez.
  5. Faites fondre le chocolat et le beurre à feu doux dans une casserole.
  6. Versez le chocolat fondu et les noix de pécans  dans le mélange amande/œufs /sirop en fouettant jusqu’à obtenir un liquide lisse.
  7. Étalez votre pâte et placez-la dans votre plat à tarte beurré au préalable, puis versez votre mélange chocolat-pécan dessus.
  8. Ajoutez quelques noix au centre pour la présentation.
  9. Mettez au four environ 30min.

Et voilà ! Ça peut se servir avec de la glace ou des fruits autour en plus 🙂

Vancouver PVT Canada Thanksgiving Expatriation
La vue depuis mon balcon 🙂

Thanksgiving ou la retrospective de l’amitié au Canada et de ma sociabilisation

Les amis

Ce weekend fut l’occasion de faire une rétrospective sur l’année passée : avec mes amis nous avons pas mal été dans les papiers pour les permis de travail et la résidence canadienne. Nous avons aussi déménagé et beaucoup bossé cet été. On s’est peu vus et du coup on a moins profité. Mais nous avons un superbe automne comme l’année dernière. C’est exceptionnel à Vancouver alors je sors souvent et je vous mets des photos ici 🙂 Après le 30 septembre je considère que chaque jour ensoleillé est un bonus à prendre.

J’ai aussi pris la résolution d’essayer de proposer plus de dîners à la maison. Vancouver est une ville où il est difficile de se sociabiliser je trouve, et si on ne recontacte pas les gens on se perd vite de vue. Les canadiens vivent leur vie et en tant que locaux ils ont leur petite communauté. Ils ne sont donc pas forcément sensibles aux nouvelles rencontres. Je les trouve aussi assez individualistes ici. Je connais mieux les canadiens d’Ontario et du Québec qui sont plus sociaux et plus ouverts… A moins que ce soit parce qu’ils sont loin de leur province d’origine ?

Quand je suis arrivée à Vancouver ce sont les auberges de jeunesse (un tout petit peu), le travail (un peu plus), les groupes Facebook (beaucoup) et ma colocation (beaucoup) qui m’ont permise de me sociabiliser. J’ai découvert la particularité du site web meet-up et des groupes Facebook proposant des activités/événements sur certaines thématiques pour créer des petites communautés, telle Chasing Sunrise, Le guide du croutard et maintenant Vancouver Adventure Anytime. Au début je ne comprenais pas l’intérêt de ces groupes, ensuite j’ai vite remarqué que ça aide à rencontrer du monde. Vancouver est une ville “clicky” comme disait ma toute première manager ici. On rentre dans une case qui est une communauté (une click) et on y reste. Moi je me fous des cases alors c’est bizarre pour moi en termes de sociabilisation.

 Le travail et les réseaux sociaux

Et enfin j’ai fait l’expérience de situations pour le moins incongrues voire “awkward” en tant que collègue devenue manager. En fait j’ai tendance à avoir des collègues/employés sur Facebook. En tant que manager d’auberge de jeunesse j’embauche des gens de mon âge voire un peu plus jeunes. Puisque la hiérarchie est moins marquée ici on a une relation assez détendue voire parfois amicale. C’est comme ça que je me suis retrouvée à faire de la discipline et même à licencier des gens … Que j’avais sur Facebook… J’ai eu une collègue dont j’ai même sous-loué la chambre quand j’étais coordinatrice d’équipe, puis à laquelle j’ai donné un avertissement écrit 1 an après, une fois passée manager pour une histoire d’immaturité aggravée. Elle m’a supprimée de ses contacts Facebook ahahah!

L’art de la flakiness, du ghosting et du small talk

Au Canada quand on rencontre des gens ; ils sont gentils, ils sourient et ils parlent facilement d’eux même tout en nous posant des questions. On se dit tout de suite “oh il sont troooop coools les canadiens!” Puis ils ajoutent tout le monde sur Facebook en fin de soirée. “Sympa! Je me suis fait un.e ami.e !” En fait non: “j’ai juste passé une bonne soirée”. Ici on ajoute les gens sur les réseaux sociaux comme on se prend un bière.

Le niveau de sociabilité le plus bas sur “l’échelle de Richter canadienne de la sociabilisation” est en fait notre niveau le plus haut à nous les frenchies.

Quand on n’a pas trop voyagé avant ça fait tout bizarre. On croit qu’on se fait des amis très vite, mais non. Ça prend du temps.

Ensuite vient la Flakiness. C’est le fait de ne pas être très consistant en termes de projets amicaux : dire non au dernier moment pour les sorties, ne pas garder contact ou ne pas relancer et… En fait ne pas avouer que l’on ne veut pas réellement faire cette rando ou aller à cette soirée. Donner une réponse négative au dernier moment. J’ai eu du mal avec ça mais j’ai appris que c’était de la politesse et un mal être à vis à vis de la négativité en face-à-face.

Puis moi je n’ai pas expérimenté cela mais il y a ce que j’appelle le ghosting. C’est à dire ne plus répondre aux messages et faire comme si de rien était. En fait ces gens doivent certainement se dire que c’est cool d’avoir rencontré cette personne et fait quelques soirées/activités mais voilà je n’ai plus rien à lui dire alors pourquoi lui répondre ? J’ai des amis qui ont vécus ça ici et ça leur a fait bizarre.

Mais je trouve qu’en arrivant, le fait de pouvoir échanger facilement est vraiment un bon brise-glace pour ceux qui ont un niveau d’anglais limité. Il y a ce que l’on appelle les small talks : ces petites conversations inopinées dans le bus et autres lieux publics. Je trouve que ça mets en confiance et que c’est en fait le premier signe qui montre l’optimisme et l’aspect détendu des relations entre les gens. Puis j’ai aussi remarqué qu’avec mon PVT en Nouvelle-Zélande et mes moults voyages en Europe, en arrivant à Vancouver j’étais assez “anesthésiée” de la surprise de l’aisance des gens à parler au premier venu. Alors que j’avais une amie d’auberge de jeunesse en grand choc culturel 🙂

PVT Vancouver Canada expatriation blog voyage

 

Voilà j’ai couplé mon billet sur Thanksgiving, les amis et l’art de se sociabiliser pour le rendez-vous mensuel d’#HistoiresExpatriées. C’était Kenza du blog Cups of English Tea qui avait proposé le thème. Elle vit à Winnipeg tout au centre du Canada et j’entrevois des plaines, de la glace et des cieux très jolis sur son blog.

Perrine

Voyageuse un peu aventureuse, je suis partie de mes Alpes françaises natales pour découvrir le monde et ses curiosités. Ici je partage mes expériences, mes voyages, mes découvertes, mes pensées en PVT.

Cet article a 2 commentaires

  1. Cet article est tellement parfait ! et pas seulement pour ta recette de tarte !

    Je pense aussi que le côté amical des Québécois/Ontariens chez toi, c’est justement parce qu’ils sont loin de chez eux. Mon copain râlait qu’il avait beaucoup plus d’amis à Toronto qu’ici mais en fait ses amis étaient internationaux… la grande ville aide, mais jusqu’à un certain point.

    Les annexations au dernier moment c’est assez chiant mais c’est une habitude très mauvaise et très rapide à prendre malheureusement :/ mais j’essaye de faire des efforts.

    1. Ooooh je rougis ! Merci 🙂 Pour un futur plus ou moins proche je me demande si je ne serai pas mieux dans une ville plus petite…

Un petit mot ?

Fermer le menu