Voici un nouveau billet sur le thème “Histoires Expatriées” créé par Lucie. Cette fois c’est Patrick qui vit en Slovénie, qui nous propose de parler de notre coin de France.

Mon rapport aux français

Les premières fois où je suis partie à l’étranger en Europe je ne voulais pas rencontrer de français. Il en était hors de question. Et je ne voulais plus rien de français dans ma vie. Je cuisinais comme mes colocs italiennes. Au départ je n’ai rencontré que des locaux ou des internationaux et j’aimais ça. Mes amies m’ont présenté à des français.e.s plusieurs fois et ce n’est qu’au bout de quelques moi que j’ai participé à une soirée franco-italienne. C’était super chouette d’échanger sur nos expériences et nos découvertes en Italie. Puis je me suis dit que les français n’étaient pas si méchants 🙂 (même s’ils m’agacent prodigieusement en voyage)

Au fil des années et des voyages j’ai eu mes moments : j’avais besoin de me sociabiliser en local ou en français. J’avais besoin de m’immerger, ou de prendre du recul. J’ai rencontré des français un peu partout où je suis allée. Sérieux nous sommes littéralement PARTOUT ! J’ai été franchement étonnée parfois : Copenhague, mais comment ? Autant de français ? Pourquoi ? Wellington fut aussi une surprise avec des français plus nombreux que prévu. Et je ne parle même pas de Vancouver ! J’ai alterné des périodes complètement anglophones et complètement francophones en Nouvelle-Zélande. C’était un peu bizarre. Pareil au Canada mais je me suis aussi fait quelques amies très proches françaises dès le début, et ce ne fut pas que des épisodes amicaux temporaires. Et ça, ça ne m’étais jamais arrivé. Je ne l’ai pas tant cherché mais voilà elles représentent “mon coin de France”. C’est un peu bête mais parfois quand le choc des cultures et la fatigue se pointent, on se comprend et ça fait du bien. Surtout ces derniers mois.

Par ailleurs, il me semble que nous sommes une nationalité qui a le sens de la communauté. Sur les réseaux sociaux nos groupes de français à l’étranger sont toujours très animés, entre la solidarité, les débats houleux, le partage, les tirs dans les pattes, les bons conseils, les moi-je-sais-tout, les témoignages (plus ou moins utiles) et les reventes de tout et n’importe quoi. J’ai parfois fait celle qui ne se pointe pas sur le groupe et qui désactive les notifications, ou “qui n’en peut plus des français sur Facebook”. Mais j’ai été aussi contente de refiler ma chambre meublée facilement, de trouver des ustensiles de cuisines et quelques conseils/témoignages. Ici, à Vancouver, entre français on trouve même du travail et on peut s’inscrire à une association pour réseauter et se faire des contacts. Je ne l’ai pas fait, je trouve que ça fait un peu panier de crabes mais je connais des gens qui en sont super contents. Je regarde ça parfois d’un œil mi-amusé mi-agacé mais si ça se trouve un jour je finirai avec eux ahahah ! Alors au contraire, j’ai des amis allemands qui ne trouvent pas cela, n’ont pas d’aide ou de groupes super animés sur les réseaux sociaux. Et ça leur manque un peu surtout en termes de ressources pour les visas.

Enfin bref mon rapport aux français est un peu bizarre, mais je crois que je ne suis pas la seule, et ça doit faire partie de notre identité :

Je t’aime, moi non plus !

Les fêtes, la nourriture et moi

J’aime rentrer pour les fêtes de fin d’année si je peux. Là j’ai besoin de mon “vrai coin de France”. Je trouve parfois que c’est un peu tristounet d’être loin de la féérie de l’Europe et ça me manque – la minute cucul bonjour – Du coup je loupe d’autres saisons en France par manque de vacances. Quand au 14 juillet je n’ai pas toujours tendance à le fêter sauf s’il l’envie me prend de faire des crêpes et/ou d’aller à un événement organisé par l’Alliance Française.

Niveau nourriture je prend parfois du fromage au supermarché et j’aime le vin, ce qui me fait mal au porte monnaie. On trouve de bons vins dans les pays anglo-saxons mais ils sont chers. Les bon vins toscans ou de l’Espagne du nord moins chers que pas chers me manquent (et peut-être aussi les années étudiantes). Quand la nourriture française me manque je cuisine. Je ne reçois pas d’énormes paquets de bouffe parce que bon, ça risquerait de s’engouffrer dans mon estomac trop rapidement pour le prix payé, c’est toute une organisation, et puis sinon, à quoi bon partir ? Parfois je teste une boulangerie française histoire de, mais je suis souvent déçue : fausse ambiance française, trop de sucre ou de crème à mon goût (oui mademoiselle est difficile).

A la maison “mon petit de France” ce sont mes recettes notées dans des carnets, ou sur l’ordi, le pain sur la table de cuisine le weekend, le persil et le basilique qui poussent dans des pots, parfois un livre en français emprunté à la bibliothèque, et quelques colocs françaises parmi les nombreuses anglophones.

Voici une partie des autres billets sur les blogs qui participent à Histoires Expatriées :

Perrine

Voyageuse un peu aventureuse, je suis partie de mes Alpes françaises natales pour découvrir le monde et ses curiosités. Ici je partage mes expériences, mes voyages, mes découvertes, mes pensées en PVT.

Cet article a 7 commentaires

  1. Merci énormément du partage 🙂 et super article. A bientôt!

    1. Avec plaisir, ton blog est mimi, et le café rouge m’a bien fait pensé à Londres. J’y suis allée pour tester car ma sœur y avait travaillé. Je me souviens qu’il y avait aussi une chaîne de restos italiens dans le même style. C’est marrant quand même ces fausses ambiances!

  2. Je pense que tu nous a tres bien décrit !! Ça devrait être notre slogan d’ailleurs: je t’aime moi non plus ! 🙂
    C’est vrai qu’on est partout lol !!! Tout comme toi quand je venais tout juste de m’installer à momtreal j’étais inscrite dans les groupes facebook et tres vite j’ai désactivé les notifications et qui était la première à y revenir pour revendre les meubles de son 1 bedroom ? 🙂 j’étais super heureuse surtout que j’avais tout liquid en 48h 🙂 on est top n’empêche !! Communauté solidaire je le confirme !

    1. On est graaave ahahah! J’espère que tu te plais à Edmonton, je n’ai pas encore lu tous tes billets mais avec toutes mes récentes découvertes, je passe un peu de temps sur chaque blog depuis que j’ai commencé Histoires Expatriées

  3. Oh tu as vécu en ITalie ? Où ça ? 😛 en tous cas je te comprends, moi aussi au début je voulais absolument rencontrer des gens pas français car j’avais peur de m’enfermer dans une bulle puis petit à petit j’ai diversifié et j’ai des amis dont peu importe leur nationalité finalement !

    1. J’ai vécu 7 mois à Sienne, le rêve !!! C’était en 2008-2009 et le blog n’existait pas encore. L’Italie a longtemps été comme ma deuxième maison. Ca me manque un peu, faudra que je revienne m’y ressourcer.

  4. Coucou, merci pour le partage ! 🙂
    Lors de ma première année au Japon, en dehors de mon boulot, je ne côtoyais pas de Français et ne cherchais pas à en rencontrer. Mais quand j’ai su que j’aller vraiment m’installer ici, je me suis dis que ça serait bien d’avoir un petit cercle d’ami/es français. Du coup j’en ai rencontré pas mal via le blog, instagram et twitter. Apres, comme pour tout faut faire le tri, car quand on vit à l’étranger et qu’on a besoin de côtoyer des compatriotes, on a parfois tendance à devenir ami avec des personnes qu’on en fréquenterait pas forcement en France.

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