Le rendez-vous Histoires Expatriées est un événement mensuel créé par Lucie, qui vit en Italie et est auteure du joli blog l’Occhio du lucie. L’idée est d’écrire une fois par mois sur un thème à propos de l’expatriation. Ce projet d’écriture a démarré il y a quelques mois et je souhaitais y participer dès janvier-février mais puisque ma vie a un peu changé à Vancouver, et que je voulais écrire sur la Thaïlande, j’ai repoussé. Je participe aujourd’hui à mon premier rendez-vous avec Histoires Expatriées.

Le thème : ce que j’aurais voulu savoir avant de partir.

Je suis partie à plusieurs reprises en Europe, puis en Nouvelle-Zélande, et enfin au Canada. A chaque fois il y a eu ces choses que j’ai pu anticiper et celles qui me sont tombées dessus tel un caca de pigeon sur la Piazza del Campo à Sienne. J’aurais bien aimé savoir avant de partir.

Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir en Italie

On peut se retrouver livré à soi-même et ce n’est pas toujours facile. En Italie je suis partie pour un stage.  Et puisque je ne prenais pas de cours j’ai longtemps eu l’impression de n’appartenir à aucun groupe d’amis. Etre seule ne me pose pas de problème pour voyager et je n’ai jamais eu peur de faire des choix scolaires ou professionnels qui m’ont éloignés de mes proches.  Mais là les interactions avec les jeunes de mon âge me manquaient un peu les premiers mois. J’ai mis un peu de temps à rencontrer du monde au début. Dans la maison que nous partagions avec mes colocs’ nous avons mis du temps à nouer des liens. Nos âges et activités nous ont un peu mises à l’épreuve au début.

Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir en Espagne

En étudiant 6 mois à Santander sur la côte atlantique, puis en bossant 3 mois sur l’île de Tenerife, l’Espagne est le pays européen où j’ai passé le plus de temps.

Mon semestre étudiant avec le programme Erasmus a été bien balisé et très agréable : cours le matin, cours intensifs d’espagnol l’après-midi les premières semaines, fiestas, mini-voyages et colocation super sympa.

J’ai eu ensuite des temps difficiles à Tenerife : je n’ai pas réalisé à quel point le tourisme de masse était répandu sur le sud de l’île. Je n’ai pas réellement apprécié mon environnement immédiat : hôtels de 20 étages, bars et boîtes sans âmes. Sans compter mes colocs de salle de bain ; les cafards, et les boîtes de nuit faisant office de radio jusque 3h du matin, puisque l’isolation sonore était presque inexistante. J’ai mal dormi pendant 3 mois. Et mal mangé : le cuisto qui faisait les repas pour le staff mettait du thon de partout. Hors s’il y a un truc que je n’aime pas c’est bien le thon. Au final je ne sais même pas si c’est un poisson très répandu localement mais il répondait présent tous les jours dans nos assiettes 🙁 En tous cas je n’ai pas beaucoup mangé. Et je pense que vu mon état de fatigue au bout de 3 mois, je suis rentrée en France quelque peu carencée en fer. Si j’avais su j’aurais envoyé une candidature dans un village ou ailleurs sur une des autres îles des Canaries, ou … je serais restée en Espagne continentale.

Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir à Londres

Eté 2011, stage à Londres logée chez ma sœur. J’aurais aimé m’apercevoir à quel point la ville est étalée et que l’on met un temps fou d’aller d’un lieu à un autre. Même avec mon cartoville je n’arrivais pas à réaliser avant de partir.

Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir à Copenhague

Eté 2012 : stage de fin d’études. J’aurai aimé savoir à quel point c’est difficile de combiner l’écriture d’un mémoire, les découvertes culturelles, les soirées avec les amis et la gestion d’un deuil. J’ai galéré niveau organisation car je veux toujours tout faire et parce qu’une triste nouvelle m’avait pris beaucoup d’énergie. J’ai aimé ma vie à Copenhague et surtout je me suis mise au vélo, chose à laquelle je n’aurais jamais pensé avant.

Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir en Nouvelle-Zélande

Je suis partie en PVT en Nouvelle-Zélande en 2014-2015. Je crois que j’aurais aimé savoir à quel point ce pays est facile à voyager. J’aurais moins hésité en arrivant et j’aurais pu découvrir un peu plus certaines régions. J’aurais aussi aimé savoir à quel point l’accent néo-zélandais est spécifique. J’ai eu des difficultés au travail. Je passais parfois le téléphone à une collègue car je ne comprenais pas. C’était frustrant car après Londres et Copenhague j’avais l’impression que l’anglais serait le dernier de mes soucis en Nouvelle-Zélande. Enfin, j’aurais aimé savoir à quel point le choc culturel serait fort au travail. Peu de retours sur mon boulot, l’impression de galérer et de ne pas être au top alors qu’en fait mes managers trouvaient que je faisait un boulot tout à fait correct … Et m’ont même proposé de passer sur un nouveau visa !

Ce que j’aurais voulu savoir avant de partir au Canada

Je suis au Canada depuis février 2016 et je compte y rester encore un peu. J’aurais bien aimé savoir à quel point Vancouver peut être difficile et chouette à la fois. Le climat est capricieux, il y a beaucoup de SDF en centre, et la ville est chère avec un marché du logement concurrentiel. Mais la localisation est superbe entre mer et montagne, la région est belle, les USA et les Rocheuses sont accessibles, et trouver un travail intéressant est facile. Bref il y a de quoi faire. A propos du travail justement : j’aurais aussi aimé savoir à quel point le choc culturel au travail peut être dur, non pas du côté managé cette fois, mais du côté manager. Embaucher des jeunes anglo-saxons nés dans les ’90 n’est pas chose aisée. Et le marché du travail est hyper-concurrentiel pour les employeurs.

Avant chaque départ, si je sais que ne peux pas tout prévoir, j’ai mes petits rituels:

Je lis un guide, des blogs (seulement depuis 2014), parfois quelques livres, voire j’achète un plan si je sais que je vais rester dans une ville en particulier. Je m’amuse un peu avec Google maps et je cherche le plan des transports en commun pour ma ville d’arrivée. J’apprends quelques mots dans la langues locale si je ne la parle pas et/ou me renseigne sur des cours possibles à mon arrivée. Je fais en sorte de prendre de l’argent à échanger ou de retirer de la monnaie locale direct à l’aéroport, et je réserve un lit en auberge de jeunesse pour mes 3 ou 5 premières nuits. (vous aurez compris que je n’ai pas appliqué ce rituel à mon départ pour Tenerife, puisque je me suis bien trop éclatée en Erasmus, d’où mon échec total)

Et pour toutes mes expatriations :

 

J’aurais aimé savoir que le choc des cultures ne m’attend pas forcément tout de suite à l’arrivée, mais peu arriver doucement, presque insidieusement ou à retardement et surtout en plusieurs fois. Et lorsque l’on croit l’avoir dompté, il revient en mettre une couche quelques mois plus tard. Histoire de bien nous rappeler que vivre à l’étranger est un challenge à tous les niveaux : social, santé, administratif, travail, voyage, amis, amours et vie quotidienne.

 

J’aurais aimé savoir à quel point on prend goût au voyage et à chaque nouveau départ. Mais qu’au bout d’un moment ça peut fatiguer. Mon arrivée au Canada a été chouette les premières semaines mais les débuts à Vancouver ont été chaotiques.

 

Enfin j’aurais aimé savoir à quel point on apprend en partant vivre à l’étranger. L’expatriation et le voyage c’est l’école de la vie. C’est surprenant et aventureux. On en apprend autant sur soi que sur les autres. Et surtout j’ai compris que je savais si peu avant de partir et encore maintenant.

 

Et voici les autres billets des participants à #HistoiresExpatriées :

Perrine

Voyageuse un peu aventureuse, je suis partie de mes Alpes françaises natales pour découvrir le monde et ses curiosités. Ici je partage mes expériences, mes voyages, mes découvertes, mes pensées en PVT.

Cet article a 8 commentaires

  1. Je crois que je suis impressionnée par le nombre d’expatriations ! Wow! Bienvenue à toi dans les #HistoiresExpatriées

    1. Merci 🙂 c’est beaucoup de stages en Europe au final. C’était chouette et assez facile à organiser ! Je découvre ton blog du coup et juste le fait de lire une rubrique intitulée “ma vision du tourisme” m’intéresse grandement puisque je suis dans le milieu. Je vais aller “feuilleter” 🙂

  2. Quel parcours ! Merci pour ta participation et tes réflexions intéressantes, je te rejoins sur pas mal de choses (le tourisme de masse à Tenerife doit rendre la vie diffcile aux locaux en effet)

    1. Et merci à toi pour cette initiative, c’est sympa, j’ai découvert et redécouvert pleins de blogs.
      A Tenerife les locaux se réfugient sur les hauteurs et ne vivent pas en ville les petits malins 😉

  3. Quel carnet de route impressionnant! On sent dans ton expérience que tu as appris à apprécier les surprises qui composent une expatriation et à composer avec quand ce sont des découvertes plus difficiles. Quelle expérience de vie…! La vraie question que je me pose maintenant : est-ce que tu veux un jour “rentrer” après toutes ces expériences? 🙂

    1. C’est marrant car il y a quelques années j’aurais répondu un non catégorique si on m’avait demandé si je voulais rentrer en France. Maintenant je ne suis plus contre. Mais j’ai encore tellement à découvrir!

  4. Tu as eu beaucoup d’expériences en effet ! J’ai souris à propos de l’anglais, j’ai le même problème ici à Liverpool : Après 6 mois j’ai toujours du mal avec l’accent local !

    1. Aaaah l’accent du nord de l’Angleterre! J’espère que tu t’y plais. Je ne connaissais pas ton blog avant Histoires Expatriées. Je vais en profiter pour te lire un peu 🙂

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