Un job dans le monde anglo-saxon

travailler au Canada PVT WHV Vancouver (1)Voyager en PVT / WHV c’est chouette. Bosser c’est moins fun mais ça permet de se payer ses petits voyages. Et un petit job peut se transformer une sacrée expérience. Voici quelques réflexions et conclusions bien subjectives, à chaud sur le travail en terre anglo-saxonne.

Les opportunités en PVT – WHV

Vous vous souvenez de ma recherche de travail en Nouvelle-Zélande ? Eh bien au Canada c’est un peut similaire : beaucoup d’opportunités en bas de l’échelle permettant aux pvtistes d’apprendre l’anglais et de découvrir une culture du travail différente. On peut être femme de ménage, caissier, serveur, agent d’accueil/de réservation ou vendeur en ville/dans des lieux touristiques, avoir des emplois plus physiques en agriculture (ramasser des fruits) ou en construction, etc. … On trouve souvent via nos amis, ou des petites annonces sur les réseaux sociaux et le reste du web. Les postes varient selon notre niveau d’anglais, notre volonté et nos motivations : grand air ou intérieur (plus ou moins) bien chauffé ? Ici par exemple à Vancouver on fait pas mal de tourisme, de cinéma et beaucoup de vente.

Trouver un job en 48h ou 1 semaine n’est pas un mythe dans les pays anglo-saxons mais pas automatique non plus.

Les entretiens d’embauche sont bien plus réalistes qu’en France (comme expliqué pour la Nouvelle-Zélande) et si l’employeur est convaincu il aura tendance à proposer le poste directement à l’entretien.

Peut-on évoluer même si on recommence en bas de l’échelle ? Oui malgré le fait que les permis Vacances-Travail fassent souvent peur aux employeurs, les chances de grimper les échelons sont possibles avec ténacité et motivation.

Au travail, fluidité et supervisions dans tous les sens

J’ai remarqué beaucoup de fluidité et une hiérarchie qui a tendance à faire vite confiance à ses recrues. L’introduction est souvent des plus positives, et business is business donc personne ne s’offusque des départs/refus d’embauche. Le turn-over fonctionne à pleins gaz. On grimpe les échelons rapidement avec beaucoup de postes de superviseurs intermédiaires (responsable de la formation des petits nouveaux, chef d’équipe, coordinateur, superviseur, assistant manager, et j’en passe). En gros à partir de 3 personnes un poste de superviseur est souvent créé. On est OVER-managé et tout le monde peut au bout de quelques mois de travail avoir le mot supervisor ou manager sur son contrat. Ça ne signifie pas qu’on est cadre… Mais que l’on résout les problèmes opérationnels / vérifie la caisse / forme les nouveaux en plus du job pour lequel on était originellement embauché. Moins glamour que sur le papier n’est-ce pas ? Mais ça fait toujours beau sur le CV !

Diplomatie et consensus sont les maître-mots

Au Canada comme en Nouvelle-Zélande tout est positif, il n’y a pas de cris ou de coup de gueule, mais beaucoup de diplomatie. Les collègues et managers sont dans le consensus au moindre souci. L’ambiance se doit d’être détendue. Le responsable ne considère pas qu’il dit forcément la vérité et n’attend pas un amen en retour. Ici on ne se pointe pas avec son EGO et ses COMPETENCES en bandoulières quand on est cadre/responsable. Personne n’a pas besoin de faire remarquer aux employés que C’EST MOI LE CHEF (entendu plusieurs fois en France …). On n’impose pas sa vision des choses sur un ton autoritaire. On est embauché parce qu’on est compétent et pas besoin de le crier sur tous les toits. En tant que responsable on PROPOSE, on ESSAIE, on CONVAINC, on voit puis on prend une/des décision(s). Et surtout on négocie, on fait quelques remarques mais on ne s’affronte pas frontalement. Le conflit c’est niet. Trop négatif / anxiogène (peut-être que ça fait peur aussi ?).

Le cas du licenciement

Quand ça ne va pas j’ai observé plusieurs méthodes : on commence souvent par une discussion, type “ça va ? Est-ce que ce job est réellement fait pour toi ?” ou “Pourrais-tu faire ça s’il-te-plait dans ce cas précis ?” à plusieurs reprises… Puis si ça ne marche pas on met fin à la période d’essai ou … On propose un poste plus adéquat. Traduction : un job 1 ou 2 échelons en dessous, avec moins de responsabilités, pour être sûr que l’employé parte de lui-même… Une manière plutôt fourbe / maligne (cochez la case qui vous plait) de se débarrasser de quelqu’un… Quand on n’a pas assez d’arguments pour engager une procédure de licenciement. Car oui il faut une raison valable pour virer ses employés même si ça va beaucoup plus vite qu’en France. J’ai aussi remarqué que certaines entreprises souhaitent préserver leur réputation. Elles prennent soin de faire les choses bien pour ne pas se faire attaquer en justice en retour. Elles ralentissent/créent ainsi des process en cas de licenciement pour faute.

Gentillesse et amabilité en toutes circonstances

La gentillesse et l’amabilité des canadiens (et même néo-zélandais) au travail est sidérante au début. D’autant plus qu’ils ne sont pas rigides pour un sou. Cela peut parfois se transformer en grosse hypocrisie puisque l’on est toujours dans le consensus avec le sourire. Ça peut devenir lourd parfois de ne pas mettre les cartes sur table et admettre qu’il y a un problème. Mais la plupart du temps c’est agréable : peu de poids hiérarchique, beaucoup de confiance et d’honnêteté avec une ambiance détente 🙂

Et les oisillons de 18 ans paumés qui nous étonnent

Les jeunes ne faisant pas forcément des études supérieures puisqu’elles sont chères, se retrouvent dans le monde du travail à 18 ans. Souvent immatures et inexpérimentés ils ne sont pas sérieux. Ils arrivent en retard, appellent pour dire qu’ils sont malades lorsqu’ils ne veulent pas travailler (on dit call sick) ou qu’ils ont une grosse gueule de bois. Du coup un certain nombre d’entre eux fait l’expérience d’un licenciement expéditif, une sorte de claque leur signifiant clairement que l’école est finie. Lorsque l’on débarque à 24 ou 28 ans en PVT / WHV ils nous paraissent être des bébés. Mais peut-être aurions-nous eu le même comportement si on avait été jetés dans le grand bain à 18 ans, sans explications, après une éducation en mode enfant-roi puissance 10 000.

Des projets pour tous

Mais ce que j’aime particulièrement à Vancouver (et à Wellington) c’est l’éventail des possibilités : on peut avoir de grosses journées si le souhaite, prendre des double-jobs, des cours spécialisés et devenir workahoolic (alcoolique du travail) … Ou être tranquille en travaillant 40h/semaine. Mais ce que j’aime le plus c’est qu’il y a toujours beaucouuuuup de staff comparé à la France. On embauche à tours de bras au moindre projet / à la moindre hausse des chiffres.

Tout le monde commence en bas de l’échelle, mais tout le monde peut tenter sa chance. Et personne n’est obligé de rentrer dans une case. Et surtout lorsque l’on parle d’un projet, quel qu’il soit, les gens en face sont toujours optimistes et encourageants… Même si ça leur parait irréaliste (ou qu’ils s’en foutent) 🙂

Bien évidement ceci est tiré de ma propre expérience donc sacrément subjectif. Il est certain que d’autres pvtistes ont vécu des situations différentes. Jusqu’à présent j’ai découvert les joies d’être barista, de travailler dans l’hôtellerie de luxe, de m’inscrire en agence pour figurants au cinéma et de travailler en auberges de jeunesse. A ce propos, j’ai eu une promotion au travail. Je vais donc avoir une petite équipe à coordonner ainsi que les ventes/réservations chez Hostelling International des auberges des parcs nationaux… Et voyager de nouveau 🙂 A bientôt pour un billet moins sérieux !

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About Perrine

Globe-marcheuse un peu aventureuse j’écris sur ce petit bout de web qui fait office de carnet de route. Je rêve, j’explore et j’apprends en voyageant et travaillant un peu partout grâce à mes études, mes PVT/WHV, mes road-trips. Viens donc faire un bout de chemin avec moi.

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7 comments on “Un job dans le monde anglo-saxon

  1. 28 juin 2016 at 1h46

    En bossant en Australie, je confirme cette impression, le problème c’est qu’aussi la qualité du travail laisse souvent à désirer…

    • 28 juin 2016 at 4h54

      Oui car il y a moins d’expertise liée à une formation bien précise, d’où les limites de l’apprentissage sur le tas… On le remarque souvent d’abord sur les biens de consommation : vêtements de moins bonne qualité au prix égal à la France, nourriture basée sur la création “d’à emporter” ou maisons moins bien isolées (en cela le Canada est exception heureusement !).

  2. 28 juin 2016 at 9h11

    Article intéressant qui montre bien qu’ici on est sûrement les champions des formations en tous genres et des super qualifications, mais on ne sait pas assez valoriser, encourager, innover, etc…et surtout, depuis plusieurs années, il faut toujours en faire plus avec moins de personnel, moins de budget, moins de matériel…bref, c’est l’austérité qui nous dirige partout…et entretient le chômage. Espérons que ça changera un jour quand même !..
    MMadeleine

    • 29 juin 2016 at 3h05

      Aaah ces fameuses formations !!!!

  3. 29 juin 2016 at 1h56

    La gentillesse et l’amabilité sont également très presents en Australie et je l’observe au quotidien : mon copain est australien et quand quelque chose ne va pas dans son travail, c’est avec moi qu’il va vider son sac, pas avec son patron, dans le but d’éviter les conflits au taf et rester donc dans la gentillesse et l’amabilité. C’est clair que ça évite les conflits, mais bon je n’approuve pas toujours! Je pense que ca fait vraiment partie de la culture anglo-saxonne, surtout avec ton article. Merci d’avoir partagé ton ressenti sur cet aspect de l’aventure PVT! 🙂

    • 29 juin 2016 at 3h00

      Je crois qu’il ne faut pas tant idéaliser même si j’ai eu des expériences très positives. Le besoin de vider son sac je connais 😉 Et les newbies de 18-20 ans m’ont marqué aussi ahahah! L’intérêt pour moi a toujours été de découvrir de nouvelles manières de travailler et d’apprendre.
      Ton expérience est bien différente en tant que free-lance et surtout très courageuse je trouve en Oz !

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