Quitter le nid, voyager … et se découvrir

Le 5 février 2014, 1er billet de blog

Ceci est un essai, une tentative de mettre en forme mes expériences de voyage et d’expatriation.
Je pars en voyage, en Visa Working Holiday en Nouvelle-Zélande en mars cette année.
Je souhaite tenter un carnet de voyage virtuel.

Voici un premier billet en introduction sur ce qui m’a bouleversé lors de mon premier long séjour à l’étranger en Italie.

La première fois que je suis partie de France sur une longue période fut en Italie en 2008-2009. J’ai vécu 7 mois à Sienne en Toscane. J’y étais partie pour un long stage en espérant pouvoir expérimenter une nouvelle vie loin du nid familial et exaucer mon vœu de vivre un certain temps à l’étranger.

Je n’ai pas été déçue : outre le fait de gérer un budget seule ainsi que ma petite personne, j’ai affronté mon identité personnelle. Oui à ce point là. En partant à l’étranger et en s’immergeant dans une autre culture on commence par se découvrir en fait. C’est ce qui m’a frappé dès le début.

En arrivant à Sienne j’ai intégré une colocation composé de 4 italiennes et 1 irlandaise. J’ai découvert à quel point nos 3 modes de vie étaient différents. Les façons de penser, d’étudier, d’envisager l’avenir, les horaires des repas, les modes de sorties, le rapport aux autres, etc. Et ceci au-delà des goûts personnels de chacune. Je me suis aperçue qu’on est jamais autant français que lorsque que l’on est face à des gens venant d’un autre pays. J’ai pu mettre des mots sur mon identité propre et j’ai pris du recul vis-à-vis de ma culture, mon éducation et mon mode de vie. En cela j’ai compris que l’altérité nous ramène à nous même et nous permet de mieux nous connaître. C’est fou car venant d’un quartier multiculturel je pensais que j’étais habituée aux cultures étrangères. En fait non car je n’avais jamais été en immersion totale.

J’ai bien évidement beaucoup visité au début : les musées, les sites touristiques, les expos… D’autant que Sienne, et plus largement la Toscane, sont riches en patrimoine. Mais j’ai commencé à comprendre l’Italie en vivant avec les italien(ne)s tout au long de ces 7 mois. Tout ne saute pas aux yeux et tout ne se découvre pas la première semaine. On ne se fait pas comme ça à un autre mode de vie et un autre pays. Moi qui rêvait de nombreux voyages, j’ai compris que : on ne connaît pas un pays en y allant en vacances et on ne peut pas se faire à toutes les cultures. Si je me suis très bien intégrée à la vie italienne j’ai constaté que ce n’était pas le cas de tous les étudiants étrangers (et ils sont nombreux à Sienne). En effet chacun a ses sensibilités.

J’ai aussi compris ce qu’est l’éloignement : quitter la mère (l’amère ?) patrie c’est beau en photo mais en réalité il y a des moments où je serais bien rentrée direct à la maison. Je n’ai pas hésité à prendre mes billets de bus pour Noël. J’ai aussi pleuré comme un bébé sans comprendre vraiment ce qu’il m’arrivait en recevant une petite carte postale familiale enneigée. Être loin c’est manquer dans tous les sens du terme et alors on découvre que l’on est bien chez soi … Ou que l’aventure ne fait que commencer… Et on essaie de trouver un équilibre.

J’ai eu l’impression ainsi d’apprendre quelque chose d’essentiel dans ma vie de voyageuse. Le fait de comprendre et mettre des mots sur mon identité culturelle et mon attachement familial a modifié ma façon d’appréhender les rencontres et découvertes. J’ai en plus de cela compris que : je ne sais pas grand chose au final, excepté ce que j’ai appris dans mes livres d’écoles… Et c’est si peu comparé au monde qui nous entoure.

Plus je voyage plus je découvre que je suis ignorante.

J’apprends tellement chaque jour lorsque je suis à l’étranger. Depuis 2008, ma première expérience italienne, j’ai commencé (seulement) à comprendre (éventuellement) qui je suis réellement et à découvrir les Autres dans ces contrées plus ou moins lointaines. 

 

Le 20 février 2018, la suite 4 ans après

L’Espagne, l’année qui a suivi l’Italie m’a appris à ne pas prendre au sérieux l’insouciance. Elle m’a aussi appris que l’amitié à la française, en mode à la vie à la mort, est assez particulière et difficile à comprendre pour le reste du monde. On peut se sentir bien seul en amitié avec d’autres nationalités. Et du côté voyage j’ai découvert le nord de ce beau pays.

Londres, ensuite, m’a appris que la coolitude ça se paie, et que les grandes villes de ce monde peuvent avoir des dessous bien sales. La solitude est bien réelle dans ces grandes métropoles. Parfois plus il y a de monde, moins les gens se parlent. Mais côté voyage je dois avouer que la culture British a de quoi nous étonner !

Copenhague m’a appris que la vie peut être belle, qu’elle vaut le coup d’être vécue. Je finissais mes études, nous sortions d’une dernière année de master endeuillés avec mes amis d’université. Copenhague, pour mon stage de fin d’études, m’a fait (un peu) passer à l’âge adulte. Elle m’a aidé à verser mes dernières larmes et m’a enchantée. Elle a aussi redonné un peu de lumière sur un vieux continent qui ne m’intéressait presque plus. Elle m’a confirmée que je suis une bonne débrouillarde, que j’ai la tête sur les épaule et que je suis toujours au top de ma forme quand je prends mes décisions en voyage. J’ai un bon instinct. Il suffit de le suivre. Mais à la fin elle m’a laissé un sentiment de faiblesse vis-à-vis de mon entrée dans le monde du travail avec la fin des études. Je n’avais pas assez confiance en moi. J’étais perdue et triste de devoir partir …

La Nouvelle-Zélande, en PVT (visa vacances-travail ou working holiday), m’a appris que l’anglais est une langue qui cache diverses cultures. Que la vie à l’autre bout du monde a ses charmes et ses faiblesses. Que fuir ne résout rien. Mais que rien n’est jamais joué d’avance. Que je suis compétente et je sais ce que je vaux. Que je peut casser les limites et carcans qui m’entourent sans soucis et sans heurts. Que les réseaux sociaux ne sont pas ce que je croyais qu’ils étaient. Que la beauté de cette île est absolument imprévisible. Que cette beauté, cette nature, a une bonne influence sur nous malgré ce que l’on croit.

Le Canada, en PVT (visa vacances-travail ou working holiday), m’a d’abord appris que la désillusion est une étape avant l’acceptation, la découverte, la compréhension et le renouvellement de la curiosité. Au bout de 2 ans de PVT J’apprends actuellement la résilience. Durement et sûrement. Et je me demande si je veux encore bosser pour quelqu’un ou travailler pour moi. J’ai appris que je croyais que tout tenait à un fil. J’apprends maintenant que je me faisait des idées, ce fil c’est du pipeau. C’est moi qui tire les ficelles de ma vie et personne d’autre.

Et le voyage continue. Rendez-vous dans 4 ans ?

Partir à l'étranger voyager affronter son identité culturelle
Ma définition du voyage

 

About Perrine

Globe-marcheuse un peu aventureuse j'écris sur ce petit bout de web qui fait office de carnet de route. Je rêve, j'explore et j'apprends en voyageant et travaillant un peu partout grâce à mes études, mes PVT/WHV, mes road-trips. Viens donc faire un bout de chemin avec moi.

You May Also Like

Un petit mot ?